Chose promise chose dû. Bonjour, à tous.
Sur ce post je vous emmène dans les méandres d’un « Mic mac » politique. Bien-sur je ne fais pas de politique, je ne suis pas encarté dans aucun parti politique. Mais voilà la politique gère notre quotidien, on dort et l’on se réveille avec la politique. En quelque sorte il n’y a pas moyen d’y échapper, on se doit de tenter de comprendre les rouages, et les hommes politiques. Nous sommes dans des pays démocratiques, il faut aller voter pour élire ceux que nous souhaitons qui dirige, qui parle pour nous, ainsi que le projet qu’ils proposent.
La Martinique de par son histoire d’esclavage, et sa société prolétarienne a toujours politiquement voté à gauche. Aimée CESAIRE le leader et créateur du parti politique le plus populaire de la Martinique le PPM « Parti Progressiste Martiniquais » est un parti politique ancré à gauche et qui tiens les rennes de la mairie de Fort-de-France depuis 1945 date de l’élection d’Aimée Césaire 64 ans en 2001. Poète, puis homme politique de grande envergure. Père du concept de la négritude. Son objectif premier au début de sa carrière politique à la tête de la ville, et en tant que Député était de faire la Martinique accéder à l’indépendance. Mais compte tenu de la situation de pauvreté de la population auquel il faisait face et en homme politique réaliste, réfléchi, intelligent et généreux. Tant et si bien qu’il modifia son plan politique et réorienta son discours.
Il opta de mener une politique qui devait lui permettre à court ou moyen terme de faire accéder la Martinique à une l’autonomie. Toujours en homme politique réaliste et intelligent qu’il était, observateur attentif de son peuple, ne souhaitant pas malgré sa propre vision, de faire des actions politiques qui risqueraient de porter préjudice à la population. Pourtant à ce moment-là, la population avait une telle confiance en lui qu’elle l’aurait suivie dans n’importe quel chemin tortueux les yeux fermés. Et ces chemins pouvaient être ceux de l’indépendance, ou de l’autonomie.
Il n’en fit rien toujours très réaliste et sincère estimant que son peuple n’était pas prêt ni pour l’un ni pour l’autre. Ses détracteurs actuels le qualifie d’attentiste, d’immobilisme, tout juste n’emploi t’ils pas le mot « traîtise ». Ils disent même que c’était plus un poète qu’un homme politique ce qui explique cela.
En tout cas heureusement qu’a ce moment-là en Martinique c’est cet homme politique qui était en scène pour gérer les affaires courantes d’un peuple dérouté, sortant de périodes très difficiles d’esclave, d’oppressions racial de toutes sortes, de la colonisation, jusqu’à l’aboutissement de la départementalisation. Bref le PPM par son leader historique est donc un parti politique revendiquant depuis des lustres l’autonomie pour la Martinique.
Tout martiniquais connaissant l’histoire de son pays sait cela. Au côté d’Aimée CESAIRE se trouvait d’autres hommes politiques très influents tel : André ALIKER, Camille DARSIERE, etc. Et beaucoup plus tard on découvrit un certain Claude LISE. Claude LISE est l’actuel Président du conseil générale de la Martinique qui après avoir essuyé des échecs politiques avec les parties qu’il avait créé à l’époque (FSM) et autre Parti socialiste martiniquais. On le retrouve au côté d’Aimée Césaire en 1978, date à laquelle le Parti socialiste martiniquais fusionne avec le Parti progressiste martiniquais d’Aimé Césaire. Ces idées politiques étaient sans conteste durant toute cette période influencée par ceux d’Aimée Césaire, il lui était fidèle.
Son parcours politique pris de l’ampleur depuis ce moment, il deviendra en 1992 Président du Conseil générale. Jamais au grand jamais et malgré sa proximité avec Alfred Marie-Jeanne qui lui était devenu Président du conseil régional en 1998 il n’y eut de dialogue politique allant dans le même sens, voir des entente idéologico-politique entre les deux hommes. Sa ligne politique était dicté par Aimée Césaire, donc une ligne politique sobre et cohérente où les intérêts du peuple martiniquais devaient toujours être au centre de toutes décisions, ou de tous projets. Pas question pour Aimée Césaire que dans son parti tente de faire passer ses ambitions politiques avant l’intérêt du peuple.
Mais voilà suite à des désaccords avec le PPM et son actuel président Serge Letchimy, Claude Lise a quitté son ancien parti avec d’autres élus comme Madeleine de Grandmaison, Claude Cayol, Pierre Suédile, Marie-Elise Nébon, Alexandre Mouriesse, Maxence Deluge, Geneviève Chanteur et fonde le 26 mars 2006 un nouveau parti politique de gauche, le RDM (Le Rassemblement démocratique martiniquais). Et c’est là que les combines commence avec Alfred Marie-Jeanne contre le PPM.
Claude Lise qui jusqu’alors avait toujours suivi avec intérèt les grands projets de la ville de Fort-de-France ferma brusquement les vannes des finances à allouer à ceux-ci, et par la même occasion du dialogue. Un duel fratricide s’ensuivit avec Serge Letchimy Maire de Fort-de-France. Une guerre des mots, de petites phrases assasasines dans l’hémicycle du conseil générale, ou par médias interposés.
Sûrement que l’aura, et le carisme politique de l’actuel maire de Fort-de-France la quelque peu agacé. Lui qui en plus a été désigné par Aimée Césaire pour être son remplaçant légitime à la tête de la mairie avait dû ébranler l’ego politique de Claude Lise.
Je ne sais pas exactement les points d’achoppement qui ont créé leur désaccord actuel, toujours est-il que l’on ressent chez eux une violence politique dans cette adversité. Ils ne se ménagent pas dans leurs différentes joutes politiques. Tous les moyens sont bons pour se tirer dans les pattes, se jouer de sales tours, glisser des peaux de bananes. Claude Lise semble même le plus virulent dans ces phases-là, profitant de son fauteuil de Président du conseil générale pour bloquer tous ce qui vient du PPM et par là même de Serge Letchimy.
On en est là aujourd’hui. Mais un autre homme fort de la politique martiniquaise a dû observer avec délice cette joute entre le président du conseil générale, et le maire de Fort-de-France, et entrevoir enfin l’opportunité de se trouver un allier de poids qui n’est pas de son camp mais qui par son fauteuil de président du conseil générale, sa notorièté auprès de la population, et sa quasi-haine de Serge Letchimy et du PPM pourrait lui permettre d’atteindre en douceur un de ses objectifs raté déjà en 2003.
Il s’agit du président du conseil régionale Alfred Marie-Jeanne. Alfred Marie-Jeanne que l’on ne présente plus est lui Président du M.I.M (Mouvement Indépendantiste Martiniquais). Ex-maire de la commune de Rivière-Pilote, c’est un animal politique de grande envergure, intelligent, astucieux, et rebelle. Toujours fidèle à ses idées, il a conduit la politique de la commune de Rivière-Pilote d’une main de fer. Ses propos ont toujours été très virulent envers le gouvernement français tout bord confondu.
Voyez vous-même dans le détail ce parcours politique : En 1973, Il crée avec d’autres militants dont Garcin Malsa, le mouvement “La Parole au peuple” qu’il transforme le 1er juillet 1978 en Mouvement indépendantiste martiniquais. Aux législatives de 1973, Alfred Marie-Jeanne conclu une alliance politique avec le Parti progressiste martiniquais. Il est candidat dans la circonscription du sud et son suppléant est un militant PPM, Rodolphe Désiré. La base de cette alliance politique a pour objectif : la lutte pour la reconnaissance par les autorités françaises, du droit à l’autodétermination de la Martinique. Mais cette entente politique entre Alfred Marie-Jeanne et le PPM est un échec, il obtiendra un faible score 1920 voix et sera éliminé dès le premier tour.
Alfred Marie-Jeanne après avoir créé “La Parole au peuple” radicalise son discours nationaliste. En 1974, il adresse au candidat socialiste François Mitterrand un document présentant ses grandes orientations pour la Martinique : Il considère que la Martinique est une nation et revendique : le droit à l’autodétermination, un protocole d’accession à l’indépendance, des relations basées sur la coopération avec l’Europe etc. Alfred Marie-Jeanne grâce à son charisme et son franc-parler devient incontestablement le leader de la mouvance nationaliste en Martinique.
Au début des années 90, Alfred Marie-Jeanne change de stratégie et assouplit sa position. Le MIM décide de participer aux élections nationales, de participer à la gestion des affaires politiques locales et prend part dans le débat sur l’assemblée unique en proposant l’ARU (l’Assemblée régionale unifiée), c’est-à-dire une fusion du conseil régional et du conseil général. L’assemblée régionale unifiée qu’il propose sera dotée de pouvoirs législatifs et réglementaires.
En 1990, aux élections régionales sa liste obtient 7 sièges au conseil régional, puis en 1992, 9 sièges. En 1993, Alfred Marie-Jeanne se présente 20 ans après aux élections Législatives et obtient au deuxième tour 17 912 voix, mais c’est le candidat de droite, André Lesueur qui l’emporte.
En 1997, aux élections législatives, Alfred Marie-Jeanne est élu au second tour, député de la Martinique avec 28 916 voix (64,08 %) face au candidat de droite, André Lesueur. Aux élections régionales de 1998, la liste conduite par Alfred Marie-Jeanne obtient 24,6 % des voix et gagne 13 sièges au conseil régional. Il est élu président du conseil régional grâce au soutien de quelques élus de gauche avec 18 voix face au candidat de droite, Pierre Petit.
Le 19 décembre 1999, il signe avec Antoine Karam, président du conseil régional de la Guyane et Lucette Michaux-Chevry, présidente du conseil régional de la Guadeloupe, “La déclaration de Basse-Terre”. Dans cette déclaration, les trois présidents de régions réclamaient un statut de région autonome pour la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique.
En octobre et novembre 2000, Alfred Marie-Jeanne, lance le “Projet Martinique”. Ce projet doit permettre à la Martinique de se doter d’un nouveau statut de “région d’Outre-Mer” (ROM) autonome et prévoir un régime fiscal et social adapté aux spécificités de l’île.
En 2001, lors des élections municipales, il tenta sans succès de conquérir la mairie de Fort-de-France, bastion historique du PPM (Parti progressiste martiniquais), mais le MIM gagne néanmoins 10 sièges dans l’opposition au Conseil Municipal de Fort-de-France.
En 2002, aux Législatives, il obtient 16 194 voix au 2e tour et est réélu député de la Martinique.
En 2004, il est triomphalement réélu président du conseil Régional. La liste des « Patriotes » MIM - CNCP a obtenu 74 860 voix et, dispose de 28 sièges sur 41 au conseil régional, une majorité confortable pour diriger la région de Martinique. Alfred Marie-Jeanne a annoncé plusieurs chantiers prioritaires comme la mise en place du haut débit avec l’ADSL, la dépollution des sols agricoles infectés par les pesticides et la construction d’un institut des métiers du sport.
En mai 2006, six ans après le “Projet Martinique”, Alfred Marie-Jeanne lance le SMDE (Schéma martiniquais de développement économique). Le SMDE sera conçu comme un outil de développement pour la Martinique de demain. Défini dans une dynamique globale, ce schéma permettra d’affirmer les priorités en matière économique et dans tous les domaines contribuant au développement économique de l’île tels que : Emploi et formation professionnelle - Environnement, aménagement du territoire et développement durable - Mise en valeur des ressources naturelles - Coopération régionale et internationale - Recherche et innovation.
Aux élections législatives de juin 2007, Alfred Marie-Jeanne est réélu confortablement Député de la 4e circonscription de la Martinique avec 26 673 voix (68,46 %). Il arrive en tête dans les 13 communes que compte la circonscription et distance son adversaire de l’UMP, André Lesueur de 14 384 voix. Alfred Marie-Jeanne siège à l’Assemblée nationale depuis le 26 juin 2007, dans le groupe de la gauche démocrate et républicaine.
Comme vous pouvez le constater par l’historique de ce parcours l’objectif d’Alfred Marie-Jeanne quelque soit la période a toujours été le même faire accéder à l’indépendance la Martinique. Et croyez-moi cet objectif il ne la sûrement pas perdu de vu. Nous sommes en 2009 et sa logique politique est la même. La même qu’en 1973 – 1974.
Comme vous avez pu le constater les alliances du MIM avec les autres parties sont très rare compte tenue du coté radicale de sa politique, une seule tentative fut effectué en 1973 avec le PPM ce fut un échec. Comment expliquer alors cette brusque connivence entre ces deux hommes que les idéaux politiques ne devaient pas rapprocher.
Comment expliquer cette subite complicité fusionnelle et contre nature entre Alfred Marie-Jeanne du MIM et Claude Lise du RDM. Quand je regarde les membres influents composant ces deux groupes, je ne voie pas où peut se faire la convergence d’idées. Il ne reste donc plus qu’à déduire que pour Alfred Marie-Jeanne c’est une alliance de circonstance dont le seul but est de profiter de l’apport de communication supplémentaire invraisemblable de Claude Lise afin d’atteindre un but un seul le changement statutaire de la Martinique, et la fusion des deux collectivités.
S’il atteint ce but, vous verrez que cette entente actuelle volera en éclat, il est contre nature car Marie-Jeanne cherchera à s’approprier automatiquement la présidence de cette nouvelle institution.
Pour Claude Lise quand a lui étudions ses motivations. Il sait que son alliance avec Alfred Marie-Jeanne est contre nature, mais celà lui permet quand à lui d’atteindre des objectifs qui me paraissent uniquement personnel dont le seul but est d’emmerder ses anciens amis du PPM. Eux qui sont contre l’article 74, avec Alfred Marie-Jeanne et sa folie des grandeur, sa virulence, il se sent transcendé, c’est un autre lui.
Dans sa folie vengeresse actuelle, il ne se rend même pas compte qu’il est manipulé par le président du conseil régional et toute sa clique. Lui qui auparavant n’aurais jamais embrasser cette histoire d’article 74. Il n’en avait d’ailleurs jamais fait mention auparavant. En tant que Président du conseil régionale à l époque ou Césaire était encore maire de Fort-de-France, donc avant sa séparation avec le PPM, jamais il n’avais revendiqué les bienfaits de cet article 74. A croire qu’il la découvre en même temps que Marie-Jeanne en fait l’apologie.
Il s’est lui-même piéger en s’embarquant dans l’autobus du MIN dont il ne connaît pas la vrai destination. Il ne sait pas encore qu’il sera débarqué sûrement comme un malpropre à l’atteinte de l’objectif article 74, sauf s’il se radicalise lui aussi sur les questions d’indépendance.
Je parie avec vous que si encore une fois l’objectif de l’adoption de l’article 74 n’aurait pas réussi, mais que celui de la collectivité unique passait, Marie-Jeanne fera encore tout pour le débarquer cet amis d’infortune qu’est Claude Lise, mais qui risquerait de reprendre ses esprits et se ramolir.
Vraiment très opportuniste astucieux et ingénieux cet Alfred Marie-Jeanne. Il sait que le peuple martiniquais n’aspire pas à l’indépendance, il se demande comment il peut faire pour nous convaincre un jour de faire le grand saut. Il sait que cette partie ne va pas être facile. Il sonde le peuple petit à petit, le caresse dans le sens du poil, cherche d’autres voies détournées pour parvenir à atteindre l’objectif. D’ailleurs et heureusement qu’en face en France hexagonale, Nicolas Sarkozy n’est pas non plus né de la dernière pluie en matière de stratégie politique. Il se ressemble presque dans leurs motivations, et les stratégies employés pour atteindre un ou plusieurs objectifs.
Nicolas Sarkozy connaît bien Alfred Marie-Jeanne et ses envies d’indépendance. Il lui a tout simplement coupé l’herbe sous le pied en lui disant lors d’une de leurs entrevues pas question d’indépendance. Connaissant le caractère répulsif de Marie-Jeanne pour la présidence française cela a dû le faire rager intérieurement.
Mais je pense qu’ il doit se dire intérieurement ok j’ai l’autorisation du Président de la république pour faire le référendum sur le changement de statut de la Martinique et la collectivité unique. Si je réussissais, je pourrais peaufiner la suite de mon projet. Sarkozy peu ne pas faire un deuxième mandat, et même s’il le fait, je pourrais encore attendre patiemment mon heure. En attendant il s’agira pour moi convaince le peuple pour l’article 74. Ensuite de demander des transferts de compétences dans tous les domaines ou il sait il pourra prendre le dessus même s’il n’obtient pas la partie financière qui va avec pour les mettre en œuvre.
Mais il sait que déjà il pourra daner le pion à beaucoup de ses adversaires politique, et aussi faire sa loi ici en Martinique. Je m’imagine et je pense ne pas me tromper que c’est ce à quoi il pense chaque jour sous la douche.
Le peuple martiniquais ne fait pas confiance au MIM, mais fait entièrement confiance à Alfred Marie-Jeanne, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a été réélu à plusieurs reprise à la tête du conseil régional. Si je reconnais comme le reste de la population Martiniquaise qu’il fait du bon travail à la tête du conseil régional, par sa bonne gestion, son intégrité, et son autorité. Je n’oublie pas malgré tout que c’est un indépendantiste pur et dur, et que tout ce qu’il fera durant sa vie politique sera toujours dans l’objectif d’atteindre ce but.
Sa patience n’a d’égal que ses compétences politiques. Il sait jouer astucieusement de la communication il est le seul à avoir une radio libre à sa disposition (RLDM) “Radio Lévé Doubout Matinik”.Très manipulateur il étend ses tentacules trompeurs sur le pays Martinique convertissant au passage bon nombre à sa doctrine.
Sur le prochain post j’aborderais encore cet aspect mic mac politique du 73 et 74 dans le regard des principaux protagonistes.
Daniel COURSIL